L’Antarctique en voilier

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L’Antarctique en voilier
Dans quelques semaines, des chercheurs belges, menés par le professeur Bruno Danis (Laboratoire de biologie marine, Faculté des sciences, ULB), mettront le cap sur l’Antarctique. Leur objectif est de contribuer à notre compréhension des réponses des écosystèmes aux changements environnementaux en cours dans l’océan Austral. Originalité : la mission se déroulera sur... un voilier !

Le 15 février prochain, 9 chercheurs belges mettront le cap sur l’Antarctique. Menés par Bruno Danis, chercheur au Laboratoire de biologie marine de la Faculté des Sciences de l’ULB, ils partiront d’Ushuaïa (Argentine) et arriveront dans la péninsule Antarctique (dans le canal Grandidier), au cours du mois de mars. Originalité de la mission : les chercheurs utiliseront un voilier comme plateforme de recherche ! Ce mode de transport a un impact environnemental limité et permettra, grâce à son agilité, d’atteindre des zones peu étudiées et se s’adapter aux conditions imposées par l’environnement dans lequel il évoluera.

L’objectif de la mission "TANGO1" est de contribuer à notre compréhension des réponses des écosystèmes marins de l’Antarctique au changement climatique, en particulier à faible profondeur. Comme les changements climatiques sont importants et s’intensifient dans les régions polaires, des modifications drastiques dans la structure et la fonction des écosystèmes sont attendues et leur ampleur reste encore difficile à prédire, alors que l’océan Austral joue un rôle de connecteur entre tous les océans. Le débat en cours au niveau du GIEC et du SCAR met en évidence le manque de connaissances sur les différents seuils et les différents états stables des écosystèmes.

On ne sait pas non plus dans quelle mesure les points de transition vont mener à des basculements, alors que cette connaissance est cruciale dans la gestion des écosystèmes pour maintenir l’habitabilité à long terme dans un contexte de changement global et pour la protection de la biodiversité et des services écosystémiques en tant que partie de l’environnement naturel.

En étudiant les seuils écologiques à différents niveaux d’organisation, notamment les espèces, les interactions entre espèces, les populations, les processus et les fonctions, ainsi que les écosystèmes entiers, avec un accent particulier sur le benthos (organismes vivant en contact étroit avec le fond marin), TANGO vise à identifier non seulement les conditions d’habitabilité, mais aussi les facteurs qui compromettent l’habitabilité, tels que le déséquilibre du cycle du carbone. Les chercheurs effectueront donc des travaux détaillés sur la biodiversité et l’océanographie dans différents domaines, en combinant un éventail de techniques traditionnelles et plus moderne (plongée sous-marine, cartographie via des drones aériens et sous-marins, imagerie 3D, modélisation, inventaires de biodiversité mesure des flux de matière et d’énergie aux interfaces atmosphère/glace/mer, incubations expérimentales, études des symbioses bactériennes, des réseaux trophiques isotopie et génétique environnementale).

La mission durera jusqu’au 19 mars (retour en Belgique).



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