Sécurité : la recherche au-delà du secret

Industrie de l’armement, contre-terrorisme, diplomatie, etc. Ces secteurs sont tenus par la confidentialité. Pourtant des recherches sont réalisées à leur sujet. Un dossier spécial de la revue « Cultures & Conflits » analyse comment enquêter sur les milieux de la sécurité au sens large.

Comment enquêter sur les milieux de la sécurité (corps de police, contrôle frontière, non-prolifération des armes nucléaires, diplomatie et institutions militaires) alors que le secret y est un aspect central de leur fonctionnement - Julien Pomarède - REPI, Faculté de Philosophie et Sciences sociales - Grégory Daho (Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne) , Emmanuel-Pierre Guittet (CCLS) ont codirigé la réalisation d’un dossier de la revue Cultures & Conflits pour y répondre.



« La difficulté pour les chercheurs qui étudient les mondes professionnels de la sécurité est de bâtir une recherche qui respectent l’éthique scientifique tout en récoltant des observations pertinentes et utilisables », explique Julien Pomarède.

Cette analyse souligne trois éléments importants à considérer :

Démystifier le secret: Le secret est souvent vu comme un obstable infranchissable pour la recherche sociologique. Toute une culture populaire charrie d’ailleurs un imaginaire mystique du secret comme ,un objet monilithique masquant des informations engageant toujours la survie de l’Etat. En réalité, le secret est un mécanisme rituel bien plus banal et, si certaines informations sont effectivement sensibles, la plupart d’entre elles ne le sont pas et peuvent faire l’objet d’une enquête scientifique.

Des outils présents dans les sciences sociales : les sciences sociales constituent une boite à outil précieuse et riche pour banaliser l’étude du secret et construire des dispositifs méthdologiques permettant d’aller sur les terrains de la sécurité.

Les rapports de force : Le secret n’est ni plus ni moins qu’un rapport de pouvoir entre l’enquêteur et le milieu d’enquête, qu’il convient alors d’appréhender pour en diminuer les effets de contrainte. A cet égard, ce rapport de pouvoir sous-jacent au secret est enchassé dans d’autres types de relations de pouvoir sur le terrain, comme celui du genre, en particulier dans les terrains de la sécurité en général masculinisés.

Julien Pomarède a pu expérimenter ce type d’investigation dans le cadre de sa thèse qui portait sur les pratiques professionnelles contre-terroristes à l’OTAN. Aujourd’hui, sa recherche est publiée dans un ouvrage.


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