Une transition juste : de quoi parle-t-on ?

La « transition juste » est un vaste concept qui n’a pas de définition universelle. Des chercheurs de la Solvay Brussels School of Economics and Management ont réalisé une enquête auprès des acteurs belges concernés. Quatre visions s’en dégagent.

La "transition juste" est un vaste concept qui renvoie principalement à la revendication assez récente de prendre en compte les aspects sociaux dans la transition environnementale globale. Le concept a progressivement acquis un large éventail de compréhensions, de définitions et d’utilisations.

Il n’existe pas de définition universelle du concept et, considérant que le processus de " transition juste " implique de nombreux acteurs dont les valeurs, les points de vue et les intérêts divergent, le terme " juste " dans " transition juste " a des significations différentes selon le " principe commun supérieur " auquel il se réfère (Didier, 2020).

Il est essentiel d’appréhender les visions de la " transition juste " qui existent en Belgique et de comprendre cette pluralité de perspectives.

L’objectif principal de l’étude menée par le Centre d’études économiques et sociales de l’environnement (CEESE) et particulièrement par les chercheurs et chercheuses Adriano La Giogia, Aurore Fransolet, Sandrine Meyer et Marek Hudon est donc d’identifier et de cartographier les visions de la " transition juste " en Belgique.

Les scientifiques ont réalisé une enquête auprès des acteurs belges concernés par la " transition juste " avec 41 répondants parmi les administrations, associations, organisations représentatives des employeurs et syndicats, basée sur la méthodologie Q. Ceci a été complété avec des données qualitatives complémentaires.

La méthodologie Q est une méthode d’enquête basée sur l’analyse statistique qui permet de comprendre la variété des perceptions sur un sujet donné à travers la définition de « discours idéaux types ».

Les résultats suggèrent quatre " visions idéales-typiques " d’une transition juste par les acteurs belges :
● La première vision, est la " vision holistique " d’une transition juste. Les participants associés à cette vision considèrent l’interconnexion des questions liées à la transition juste et soulignent l’importance de garantir l’accès aux droits fondamentaux et de la réduction des inégalités existantes.
● La deuxième vision, est la " vision centrée sur les travailleurs " d’une transition juste. Les participants associés à cette vision soulignent l’importance des questions liées au travail et affirment que la transition juste doit d’abord se concentrer sur les droits et les conditions des travailleurs.
● La troisième vision, est la " vision de l’État social-écologique " d’une transition juste. Les participants associés à cette vision soulignent l’importance de l’action de l’État pour assurer une transition juste par la fiscalité, l’investissement et la sécurité sociale.
● La quatrième vision, est la " vision pragmatique centrée sur les entreprises " d’une transition juste. Les participants associés à cette vision voient la transition juste comme un "level-playing field" pour les entreprises et soulignent l’importance de garantir la sécurité de l’approvisionnement en énergie et en matériaux.

Le journal Le Soir a consacré un article à cette étude le mardi 28 février 2023.