Stress post-traumatique : un défaut de contrôle de la mémoire

Parmi les victimes d’attentats, seules certaines développent un trouble de stress post-traumatique (TSPT). Des recherches ont montré l’implication d’une défaillance du contrôle de la mémoire au niveau préfrontal.

Alison Mary , chercheuse au sein du CRCN (Centre de Recherches Cognition et Neurosciences) , a travaillé sur le trouble de stress post-traumatique chez les victimes des attentats du 13 novembre 2015.



« Nous avons étudié spécifiquement les -intrusions mémoire-, l’un des symptômes principaux du stress post-traumatique, qui se caractérisent par l’émergence du souvenir traumatique dans une situation de la vie quotidienne à cause d’un bruit, d’une odeur... Il s’agit d’un processus automatique, sur lequel les personnes n’ont aucun contrôle », commente-t-elle.



Cette étude a permis de montrer que la présence d’intrusions était liée à un dysfonctionnement des régions préfrontales (situées à l’avant du cerveau) dans le contrôle des régions liées à la mémoire comme l’hippocampe.



« Certaines personnes ont tendance à surutiliser ces mécanismes, comme si elles avaient peur en permanence de se retrouver face à ces souvenirs, de sorte que quand elles sont vraiment confrontées à une intrusion, elles ne parviennent plus à la bloquer », explique Alison Mary. « Si on a tout le temps le pied sur le frein, il est probable qu’on devienne incapable de freiner au bon moment...»



Certaines personnes très résilientes posséderaient au contraire des mécanismes de contrôle de la mémoire particulièrement adaptatifs. Entraîner spécifiquement ces mécanismes pourrait donc se révéler un outil pertinent dans la prise en charge des victimes après un événement traumatique.

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